Accident Pilote Essayeur F1

Pour les articles homonymes, voir Bianchi.

Jules Bianchi en 2012 au Nürburgring.

Numéro permanent17
Nombre de courses34
Pole positions0
Meilleurs tours en course0
Podiums0
Victoires0
Meilleur classement17e (2014)

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Jules Bianchi, né le à Nice et mort le dans la même ville, est un pilote automobilefrançais. Issu d'une célèbre famille du sport automobile, il est le petit-fils de Mauro Bianchi et le petit-neveu de Lucien Bianchi. Il participe à 34 Grands Prix de Formule 1 entre 2013 et 2014.

Après des débuts en karting remarqués, Jules Bianchi passe à la monoplace en 2007. Dès sa première année, il est sacré champion de France de Formule Renault. La saison suivante, il termine troisième des Formule 3 Euro Series avec une victoire prestigieuse aux Masters de Formule 3. En 2009, sacré champion de Formule 3 Euro Series, il reçoit le soutien de la Scuderia Ferrari qui l'intègre dans son académie de jeunes pilotes. En 2010, il s'engage en GP2 Series, l'antichambre de la Formule 1. Pour sa première année, très régulier, il termine troisième du championnat. Toujours en GP2 en 2011, il parvient, malgré un début de saison compliqué, à renverser la situation et à terminer à nouveau à la troisième place finale.

La saison suivante, il passe en Formula Renault 3.5 Series, antichambre alternative de la Formule 1 et devient pilote de réserve de Force India. Après une dernière course controversée, il termine vice-champion. Sans volant en Formule 1 chez Force India pour la saison 2013, l'équipe lui ayant préféré Adrian Sutil, il est intégré peu avant le premier Grand Prix de la saison au sein de la modeste écurie Marussia F1 Team par la Scuderia Ferrari. Au volant d'une monoplace peu compétitive avec laquelle il évolue en fond de grille, Bianchi domine assez largement son coéquipier également novice et obtient pour meilleur résultat en Grand Prix une 13e place.

En 2014, toujours avec Marussia, il marque les seuls points de l'histoire de l'écurie en prenant la neuvième place du Grand Prix de Monaco. Sa carrière en Formule 1 est brusquement interrompue après un grave accident causé par une collision sous une pluie battante entre sa monoplace et une dépanneuse au Grand Prix du Japon, le . Dans le coma durant plus de neuf mois, il meurt le des suites de ses blessures. C'est le premier accident mortel d'un pilote en Formule 1 depuis celui d'Ayrton Senna au Grand Prix de Saint-Marin 1994.

Biographie[modifier | modifier le code]

Karting et débuts en monoplace[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts en compétition (1989-2006)[modifier | modifier le code]

Jules Lucien André Bianchi naît le à Nice. À l'âge de trois ans et demi, il demande à ses parents d'essayer le karting sur la piste de la Siesta, à Antibes[1]. Très vite, son père accepte et le jeune Bianchi s'adapte très rapidement au fonctionnement des karts, en quelques tours[1],[2].

Plus tard, à la fin des années 1990, le jeune français roule en karting sur le circuit des Trois-Lacs à Piégut, qui appartient à ses parents[3]. Par la suite, la famille déménage à Brignoles et Bianchi continue le kart sur le circuit de la commune, également propriété de ses parents. À 11 ans, il assiste à la visite du triple champion du monde de Formule 1Michael Schumacher sur ce circuit et participe à une course avec ce dernier[4],[5].

Jules Bianchi participe à son premier championnat de karting à l'âge de dix ans mais ses premières courses sont décevantes, notamment à cause d'un matériel trop limité[6]. Toutefois ces déceptions font « décupler sa motivation » et il parvient à décrocher ses premières victoires[1]. Par la suite, les résultats satisfaisants du Français l'amènent au niveau national et continental. Il s'illustre notamment lors de l'année 2004, durant laquelle il est sacré champion de France junior et vice-champion d'Europe junior[7].

Alors qu'il a une quinzaine d'années, Jules Bianchi, devenu pilote professionnel en karting, arrête ses études en classe de troisième[2]. Il explique : « J'étais déjà pro, en karting. Quand on n'est pas un grand fan de l'école, ce n'est pas facile de concilier les deux. Et les profs ne m'ont jamais aidé. Quand j'étais absent une semaine pour une course et qu'il y avait des contrôles, ils me mettaient zéro directement »[2]. Il continue ses succès les années suivantes, avec notamment pour meilleures performances, le titre de champion d'Asie-Pacifique en 2005[8], puis la deuxième place finale en Coupe du monde l'année suivante[9]. Ces résultats amènent Nicolas Todt, le manager de Felipe Massa, à devenir le manager de Bianchi, alors âgé de 17 ans, à la fin de l'année 2006[10].

Passage réussi à la monoplace (2007-2008)[modifier | modifier le code]

Jules Bianchi effectue ses débuts en monoplace lors de la saison 2007 du championnat de France de Formule Renault et participe également à quelques courses du championnat d'Europe. Dans le championnat de France, la lutte pour le titre se résume rapidement à un duel entre Mathieu Arzeno et lui[11]. Le Niçois parvient à prendre les devants sur son rival avec cinq victoires en treize courses[12] et est sacré plus jeune champion de France de Formule Renault de l'histoire[13],[14],[15], ainsi que le premier pilote depuis Alain Prost à devenir champion de France de Formule Renault dès sa première saison en sport automobile[16].

L'année suivante, il rejoint le championnat de Formule 3 Euro Series au sein de l'écurie ART Grand Prix codirigée par Nicolas Todt où il a pour équipiers le débutant Jon Lancaster, ainsi que James Jakes et Nico Hülkenberg. Durant une grande partie de la saison, il se montre l'auteur de performances encourageantes sans encore gagner avec notamment quatre podiums : un au Mugello, un à Zandvoort et deux autres au Nürburgring[17]. À 18 ans, il obtient son premier succès au mois d'août 2008, à Zolder, lors des Masters de Formule 3, épreuve de prestige hors-championnat[18]. Parti de la deuxième position derrière son coéquipier Hülkenberg, il prend un meilleur départ que l'Allemand et parvient à conserver la tête sur une piste détrempée pour s'adjuger la victoire finale[18],[19]. Cette victoire fait de lui l'un des plus grands espoirs du sport automobile français[20]. En Formule 3 Euro Series, il inscrit sa première pole position à Brands Hatch mais ne peut concrétiser en course, devant abandonner[21] sur le circuit Bugatti au Mans[22]. Le lendemain, il remporte sa première victoire de Formule 3 dans le cadre du championnat continental, alors que son coéquipier Hülkenberg est sacré champion[23]. Bianchi remporte également une deuxième victoire dans le championnat à l'occasion de la dernière course se déroulant à Hockenheim : durant cette course, le pilote français s'impose alors que les accidents s'enchaînent derrière lui, causant trois interventions de la voiture de sécurité et l'interruption finale de l'épreuve[24]. Il termine finalement troisième du championnat, derrière le champion Nico Hülkenberg et son dauphin Edoardo Mortara et se distingue également en étant le meilleur débutant[24],[25].

Sacre en Formule 3 et entrée dans le giron Ferrari (2009)[modifier | modifier le code]

En 2009, il poursuit avec l'écurie ART Grand Prix en Formule 3 Euro Series, avec pour objectif avoué le titre européen[20]. Lors de la première manche à Hockenheim, il termine à deux reprises dans les points, avec une troisième place dans la deuxième course[26]. Entre deux manches de Formule 3, il participe à une course de Formule Renault 3.5 Series avec SG Formula, sans succès particulier[27]. De retour en Formule 3, il décroche sa première victoire de la saison sur le Lausitzring, après être resté un temps derrière son coéquipier Valtteri Bottas avant de le dépasser au septième tour[28]. Il prend ainsi la tête du championnat et confirme son avance en s'imposant lors de la manche suivante au Norisring[29]. À Zandvoort, il parvient à remporter les deux courses du week-end[30],[31] et est le seul pilote de la saison à réaliser pareille performance[26]. Il continue d'engranger les succès et de se rapprocher du titre continental en s'imposant lors des courses principales à Oschersleben sur le Nürburgring[32],[33].

Sa saison subit un coup d'arrêt à Brands Hatch, où il ne marque aucun point durant les deux courses[26]. En septembre, il participe à quelques courses du championnat de Grande-Bretagne de Formule 3 avec ART Grand Prix en tant que pilote invité, ne marquant aucun point pour le classement des pilotes. À Algarve, dans le cadre de ce championnat, il remporte les deux courses du week-end[34],[35]. De retour en Formule 3 Euro Series, Jules Bianchi remporte sa septième victoire de la saison sur le circuit de Barcelone[36]. Le pilote français aborde ainsi la manche suivante, à Dijon, avec la possibilité de s'assurer du titre de champion[37]. Lors de la première course, parti de la pole position, il fait une erreur, gêné par la voiture de sécurité et perd plusieurs positions, ce qui ne permet pas encore à Bianchi de célébrer son titre, Christian Vietoris restant toujours en course après sa victoire[38]. Toutefois, le lendemain, alors qu'il reste encore deux courses à disputer au championnat, il remporte sa huitième victoire de la saison et est sacré champion des Formule 3 Euro Series[39],[40]. Tout juste titré, il est confirmé en GP2 Series pour la saison 2010 chez ART Grand Prix[41]. Toujours en Formule 3, il termine sa saison et célèbre son sacre par une neuvième et ultime victoire sur le Hockenheimring[42]. Ainsi, Jules Bianchi est champion des Formule 3 Euro Series avec neuf victoires en vingt courses, alors que son équipe ART Grand Prix est également titrée[43].

En , des rumeurs rapportées par la BBC évoquent que Bianchi pourrait remplacer Luca Badoer, suppléant de Felipe Massa chez Ferrari, gravement blessé à la tête lors du Grand Prix de Hongrie[44]. Son agent, Nicolas Todt, convainc l'écurie italienne de faire participer le Français aux séances d'essais pour les jeunes pilotes organisés début décembre sur le circuit de Jerez. Lors de sa première journée au volant de la Ferrari F60, il réalise le cinquième temps à 468 millièmes du meilleur temps d'Andy Soucek sur Williams FW32. Le lendemain, il réalise le neuvième temps à 1 s 868 de Gary Paffett sur McLaren MP4-24[45]. La Scuderia Ferrari annonce à cette occasion avoir signé un contrat à long terme avec le Français qui est le premier pilote à intégrer la Ferrari Driver Academy, une académie destinée à préparer les meilleurs jeunes pilotes à la Formule 1[46].

Saisons dans les antichambres de la Formule 1 (2010-2012)[modifier | modifier le code]

Première saison en dents de scie et premiers essais en Formule 1 (2010)[modifier | modifier le code]

En 2010, il monte en GP2 Series, antichambre de la Formule 1 toujours au sein d'ART Grand Prix[2],[47]. Durant cette année, il déménage également en Italie, près du centre d'entraînement de la Scuderia Ferrari, à Maranello[2]. De février à mars, il participe aux GP2 Asia Series, championnat hivernal de la formule principale ; dès sa première course sur le circuit Yas Marina, il décroche le premier podium de sa carrière[48]. Peu après, sur le circuit international de Sakhir, il décroche sa première pole position, sans pouvoir confirmer toutefois le lendemain lors de la course[49]. Jules Bianchi se classe ainsi 12e du championnat, avec un podium et une pole, en ayant manqué le premier quart de la saison[50].

En GP2 Series, Jules Bianchi signe la première pole position de sa carrière dans la discipline, à l'occasion de la première séance de qualifications de la saison, sur le circuit de Barcelone[51]. Toutefois, le reste du week-end est désastreux pour le Français qui abandonne lors de la première course et termine hors des points à la deuxième[52]. À Monaco, il termine quatrième et marque ses premiers points, avant d'inscrire son premier podium lors de la deuxième course[53]. Ce prometteur week-end monégasque est suivi par une manche ratée à Istanbul avec aucun point marqué[52]. À Valence, Jules Bianchi, après une longue bataille avec Pastor Maldonado et une course entrecoupée de sorties de piste et d'interventions de la voiture de sécurité, termine deuxième de la course principale[54]. À Silverstone, malgré une pole position[55], le Français doit s'incliner en course pour terminer à nouveau deuxième[56]. Lors des courses suivantes, il enchaîne les classements dans les points, avec une cinquième place lors de la deuxième course de Silverstone, une cinquième place puis une quatrième place à Hockenheim[52].

Toutefois, sa série s'arrête violemment lors de la course principale sur le Hungaroring, où il est impliqué dans un carambolage avec Dani Clos et Ho-Pin Tung[57]. En plus de déclarer forfait pour la course du lendemain, il souffre de douleurs au dos et d'une fracture d'une vertèbre[58],[59]. Presque un mois plus tard, Bianchi est déclaré apte à courir pour la manche de Spa-Francorchamps, ne manquant ainsi aucune manche du championnat[60]. Son retour est difficile et il n'arrive pas à finir dans les points lors des deux courses[52]. À Monza, Jules Bianchi retrouve le podium, à l'occasion de sa deuxième place lors de la course principale[61], avant de terminer quatrième lors de la deuxième course[62]. À Abou Dabi, pour la dernière manche de la saison, il termine cette saison en dents de scie sur deux courses hors des points[52]. Finalement, Jules Bianchi se classe troisième des GP2 Series, meilleur débutant, sans aucune victoire, mais avec quatre podiums, alors que son équipe ART Grand Prix termine troisième du championnat des Équipes[63].

Le , la Scuderia Ferrari annonce qu'elle a engagé Bianchi en tant que pilote essayeur tout en gardant son poste à la Ferrari Driver Academy, en remplacement de Luca Badoer[64],[65].

Quelques jours plus tard, il prend part aux deux journées d'essais pour les jeunes pilotes organisés sur le circuit Yas Marina, à Abou Dabi[66]. Lors de sa première journée au volant de la Ferrari F10, il n'effectue qu'un tour rapide afin de tester de nouvelles pièces en préparation du championnat 2011 et réalise le douzième temps, à 4,2 secondes de la meilleure performance de Daniel Ricciardo (Red Bull RB6). Le lendemain, il améliore son temps et n'est plus qu'à 1,8 seconde de l'Australien[67],[68],[69]. Il déclare n'être « pas encore très à l'aise » avec les monoplaces de Formule 1, mais « commence à acquérir de l'expérience »[70].

Absence de titre mais première victoire (2011)[modifier | modifier le code]

Fin , Jules Bianchi est confirmé pour la saison 2011 chez ART Grand Prix dans les championnats de GP2 Asia Series et de GP2 Series[71]. Pilote le plus rapide lors des essais de pré-saison[72], il remporte la première course des GP2 Asia Series à Abou Dabi, devant son compatriote Romain Grosjean et termine huitième lors de la deuxième course[73]. Les manches de Sakhir sont annulées et le championnat se voit réduit à deux manches, avec un épilogue à Imola[74]. Troisième lors de la première course, Bianchi abandonne lors de la deuxième course[75]. Il doit donc laisser le titre à Grosjean, mais est tout de même sacré vice-champion[76].

Dans le championnat principal avec ART, Jules Bianchi est nommé comme le favori pour le titre par Pastor Maldonado, tenant du titre[77]. Il commence sa saison par un podium à Istanbul[78]. À Barcelone, il décroche sa première pole position[79], mais est ensuite pénalisé de dix places sur la grille de départ pour avoir ignoré des drapeaux jaunes[80]. Il parvient à remonter dans les points, jusqu'à la septième place[81]. Les courses suivantes sont plus difficiles : à Monaco et à Valence, il ne marque aucun point, abandonnant à trois reprises en l'espace de cinq courses[82].

À Silverstone, Jules Bianchi retrouve le succès en décrochant la pole position sous la pluie[83], avant de confirmer sa victoire lors de la course principale[84]. Cinquième lors de la course sprint à Silverstone et quatrième lors de la course principale au Nürburgring[82], Jules Bianchi manque de peu de décrocher une seconde victoire lors de la deuxième course en Allemagne, menant du deuxième à l'avant-dernier tour avant de commettre une erreur et de devoir terminer au deuxième rang final[85]. Sur le Hungaroring, le pilote français continue sa série d'entrée dans les points, finissant septième lors de la course principale et sixième lors de la course sprint[82]. À Spa-Francorchamps, il termine deuxième lors des deux courses, derrière Christian Vietoris puis derrière Luca Filippi[86],[87]. Pour la dernière manche de la saison, à Monza, Jules Bianchi termine huitième de la course principale et finit son championnat sur un podium lors de la course sprint[88]. Grâce à sa deuxième moitié de saison marquée par dix courses dans les points consécutives dont cinq podiums, Jules Bianchi termine troisième du championnat des Pilotes, derrière Romain Grosjean et Luca Filippi, alors que son équipe ART Grand Prix se classe cinquième des Équipes[89].

Le , la Ferrari Driver Academy confronte Bianchi à Sergio Pérez pour une évaluation au volant de la Ferrari F60. Le Français, qui boucle 24 tours de piste du circuit de Fiorano de plus que le Mexicain, le bat de 437 millièmes de seconde[90]. En novembre, il participe avec la Scuderia Ferrari aux essais des jeunes pilotes sur le circuit Yas Marina ; deuxième derrière la Red Bull de son compatriote Jean-Éric Vergne, il déclare s'être concentré sur l'amélioration du moteur et sur l'étude des pneus Pirelli pour la saison 2012, sans se concentrer sur la performance pure[91].

Vice-champion et troisième pilote Force India (2012)[modifier | modifier le code]

Le , Force India confirme Jules Bianchi en tant que troisième pilote, aux côtés des titulaires Nico Hülkenberg et Paul di Resta[92],[93]. Lors des essais de pré-saison, il fait ses débuts avec l'équipe indienne en participant à quelques sessions sur le circuit de Jerez et est donc le premier à piloter la Force India VJM05[94]. Durant ces essais, il signe avec Tech 1 Racing, en Formula Renault 3.5 Series, autre antichambre de la Formule 1, pour la saison 2012[95].

Fin avril, il participe aux essais sur le Mugello[96]. Durant la saison de Formule 1, il participe à neuf séances d'essais du vendredi matin avec Force India, où il fait bonne impression face aux titulaires, de qui il se rapproche progressivement en termes de performance pure, faisant de lui un candidat de choix pour une titularisation chez l'équipe indienne en 2013[97].

En Formula Renault 3.5, Jules Bianchi franchit la ligne d'arrivée en premier au Motorland Aragon[98], mais est disqualifié à cause d'une anomalie technique de sa voiture[99]. Sans aucun point après la première manche espagnole, le pilote français termine deuxième de la course de Monaco derrière Sam Bird[100]. À Spa-Francorchamps, une semaine plus tard, Bianchi termine à nouveau deuxième, derrière Marco Sørensen[101]. Au Nürburgring, après avoir décroché la pole position[102], il domine entièrement la course pour finalement remporter sa première victoire[103]. Au Moscow Raceway, il termine deuxième de la première course[104] et remporte la pole position dans la deuxième séance de qualifications[105], avant de terminer à une septième place cette course[106].

À Silverstone, dans des conditions climatiques dantesques et changeantes, Jules Bianchi remporte sa deuxième victoire de la saison[107]. Malgré une pole position lors de la course du lendemain[108], il doit s'incliner et finir troisième, se replaçant dans la course au titre face à Robin Frijns ou Sam Bird[109]. Sur le Hungaroring, le pilote français décroche un nouveau podium[110], avant de terminer neuvième de la deuxième course[106]. En France, au circuit Paul-Ricard, Bianchi termine quatrième de la première course[106], avant de prendre la pole position de la deuxième course[111] et de s'imposer pour la troisième fois de la saison, prenant la tête du championnat[112]. À Barcelone, pour la finale de la saison, malgré une pole position[113], il termine seulement septième de la pénultième course de la saison, Frijns en profitant pour prendre les rênes du championnat[114]. Lors de la dernière course de la saison, Bianchi reprend virtuellement en tête du championnat, mais est poussé par Frijns hors de la piste, le forçant à abandonner la course et le titre[115]. Pénalisé pour cette action, le pilote néerlandais conserve néanmoins son titre de champion, au détriment de Bianchi[116]. Dans cette houleuse fin de championnat, Jules Bianchi est vice-champion avec trois victoires, alors que son équipe Tech 1 Racing est sacrée championne des Équipes[117]. Le pilote français reste fortement amer de cette fin de saison[118], réclamant des changements dans le règlement, arguant que « c'est trop facile de gagner un championnat comme ça. [Frijns] méritait plus qu'une pénalité »[119].

Du au de la même année, il participe aux essais réservées aux jeunes pilotes organisés sur le circuit de Nevers Magny-Cours : au volant d'une Ferrari F2012 lors de la première journée, il réalise 87 tours et le meilleur temps en 1 min 18 s 070, avec cinq dixièmes d'avance sur son proche poursuivant, le Brésilien Luiz Razia[120]. Le lendemain, à bord de la Force India VJM05, il accroît à une seconde son avance et améliore son temps d'une seconde et demi[121]. Enfin, lors de la troisième journée, il domine à nouveau la séance avec la F2012, toujours à une seconde d'avance sur les autres pilotes[122]. Il pilote une dernière fois la F2012 pour des essais aérodynamiques en novembre, peu avant la fin du championnat[123].

Débuts prometteurs en Formule 1 avec Marussia (2013)[modifier | modifier le code]

De troisième pilote chez Force India à titulaire chez Marussia[modifier | modifier le code]

En , dans un kart aux couleurs de l'équipe Force India, il remporte le Desafio Internacional das Estrelas, une course prestigieuse annuelle organisée par Felipe Massa[124],[125]. L'écurie indienne le fait également participer aux essais hivernaux pour la saison 2013 de Formule 1, Bianchi étant favori pour être titularisé aux côtés du Britannique Paul di Resta[126]. Le Français, qui s'est préparé de façon intensive, pense même que 2013 est l'année idéale pour intégrer la discipline-reine du sport automobile : « Personnellement, je pense que je n'ai plus rien à apprendre du poste de troisième pilote. Je l'ai fait pendant deux ans, une année chez Ferrari et l'autre chez Force India. Cela ne m'apporterait pas grand chose de faire une nouvelle saison comme cela, d'autant plus que je roulerais encore moins puisque je ne participerais à aucun championnat. Honnêtement, je me sentirais moins prêt pour la F1 en 2014. Pour moi, 2013 est l'année idéale pour faire mes débuts en Formule 1 »[127]. Pourtant malgré le soutien de la Scuderia Ferrari, qui souhaite fournir ses moteurs à Force India en 2014, l'écurie indienne titularise l'Allemand Adrian Sutil, jugé plus expérimenté[128]. Vijay Mallya, qui n'a d'ailleurs pas confirmé Bianchi comme troisième pilote, espère cependant continuer de collaborer avec le jeune pilote[129].

Deux jours plus tard, le , grâce au soutien de la Scuderia Ferrari, de la Fédération française du sport automobile, de ses sponsors et de son manager Nicolas Todt, il est titularisé chez la petite écurie russe Marussia F1 Team où il remplace le Brésilien Luiz Razia, recruté pourtant trois semaines auparavant mais dont le contrat a été rompu plus tôt dans la journée, ses sponsors n'ayant pas réglé le deuxième paiement dû en échange de son baquet[130],[131]. Il était en concurrence avec l'Indien Narain Karthikeyan et le Finlandais Heikki Kovalainen[132]. Il se retrouve le lendemain au volant de la Marussia MR02 pour effectuer deux jours d'essais au volant de sa nouvelle voiture, avant de visiter l'usine de l'écurie à Banbury, en Angleterre. Afin de mieux répartir les masses d'une monoplace moribonde qui utilise le système de récupération d'énergie cinétique pour la première fois, alors que l'ensemble des autres voitures du plateau en disposent depuis 2011, les ingénieurs de Bianchi lui demandent de perdre deux kilos avant le début du championnat, le 17 mars[133].

Pilote d'une écurie de fond de grille qui n'a pas inscrit le moindre point depuis son arrivée en Formule 1 en 2010, Bianchi, qui lui apporte un budget inférieur à celui de Chilton et à celui dont aurait disposé Razia, ne peut avoir pour objectif que de battre son coéquipier, le Britannique Max Chilton, lui aussi débutant et les pilotes Caterham F1 Team, Giedo Van der Garde et Charles Pic. Toutefois, Nicolas Todt estime qu'il devait commencer à un moment ou un autre sa carrière dans la discipline : « Le choix de Marussia n'est pas forcément le bon. Mais, à un moment donné, un pilote doit décider d'entrer dans l'arène. Il doit engranger des kilomètres, se frotter au peloton, travailler la stratégie de course, les changements de roues, mémoriser tous les circuits, participer aux choix techniques, au développement de la monoplace. Jules n'a plus 18 ans mais 23. Il a couru contre tous ses copains qu'il va retrouver sur la grille de départ, et, pour la plupart, il les a battus. Il a donc sa place en F1. Il n'aura évidemment pas les mêmes chances qu’un débutant chez Force India, Williams, Lotus ou Sauber, mais, au moins, il va apprendre le dernier volet de sa profession. Il n'y a aucune raison pour qu'il n'en profite pas à l'avenir s'il fait du bon boulot »[134].

Des débuts impressionnants en Grand Prix[modifier | modifier le code]

Pour son premier week-end de Grand Prix, sur le circuit de l'Albert Park en Australie, Jules Bianchi, qui devance Max Chilton et les Caterham d'une seconde lors des essais libres alors qu'il connaît moins sa Marussia MR02 que son équipier, réalise sous la pluie le 19e temps des qualifications, en 1 min 48 s 147 sur un tracé qu'il découvre et malgré des problèmes de sous-virage[135],[136]. Pour sa première course, le Français prend un bon départ et se retrouve 17e, puis douzième au sixième tour, profitant du changement de pneumatiques de nombreux rivaux. Retournant vite dans le rang, il domine son équipier et les Caterham et termine 15e de l'épreuve, à un tour du vainqueur Kimi Räikkönen, sur Lotus. Bianchi « ne pouvai[t] vraiment pas imaginer un meilleur début à [s]a première saison de F1 »[137],[138].

Prenant deux jours de congé en Australie pour prendre du recul par rapport à un début de saison très mouvementé, celui qui se voyait rester troisième pilote Force India en 2013 avoue que ses attentes vis-à-vis de sa monoplace étaient « beaucoup plus basses que la réalité » et a finalement été « très surpris » lorsqu'il l'a pilotée pour la première fois. Il pense toutefois pouvoir améliorer ses performances et les réglages de la MR02, notamment parce qu'il n'a participé qu'à une journée et demie d'essais hivernaux avec Marussia et qu'il connaît donc peu sa monture, par rapport à Chilton[139],[140].

La semaine suivante, lors du Grand Prix de Malaisie disputé à Sepang, le jeune novice en Formule 1 impressionne à nouveau les observateurs en dominant son équipier de deux secondes au tour lors des essais libres et en devançant la Williams de Valtteri Bottas[141]

Jules Bianchi participe aux essais de pré-saison avec Force India avant d'être engagé par Marussia.
Jules Bianchi, ici lors d'un événement promotionnel en Malaisie, se montre le plus rapide des pilotes de fond de grille dès ses premiers Grands Prix.
Pour les articles homonymes, voir Herbert.

Johnny Herbert en 2006.

Nombre de courses165 (161 départs)
Pole positions0
Podiums7
Victoires3

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Johnny Herbert est un pilote automobile anglais né le à Romford, Londres. Il s'est notamment illustré en Formule 1, ainsi que dans les épreuves d'Endurance. En 161 départs en Formule 1, Herbert a inscrit un total de 98 points, remporté 3 victoires et décroché 7 podiums. En Endurance, il a notamment remporté les 24 Heures du Mans 1991.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts en promotion[modifier | modifier le code]

Après un parcours classique en karting où il devient champion de Grande-Bretagne Junior 100 cm3 en 1979 puis champion de Grande-Bretagne Senior 135 cm3 en 1982, Johnny Herbert débute en sport automobile dès 1983 et s'affirme vite comme l'un des plus grands espoirs du sport automobile britannique.

En 1984, sur une Sparton-Ford de Formule Ford 1600, il signe 1 pole position, 1 victoire et 4 podiums dans les championnats BP (huitième avec 19 points) et Dunlop (sixième avec 24 points) de Formule Ford britanniques dans lesquels il est engagé. En 1985, sur une Quest, il signe 4 pole positions, 4 meilleur tours et 12 podiums en championnats britanniques de Formule Ford 1600 (ESSO, RAC et EFDA Euroserie). Il décroche surtout une importante victoire au Formula Ford Festival de Brands Hatch qui lui permet de s'engager en Formule Ford 2000 et Formule 3 en 1986.

En 1986, sur sa Quest, Herbert ne réalise comme meilleure performance qu'une quatrième place en FF 2000 et (au volant d'une Ralt) ne se classe que quinzième du championnat de F3 avec 8 points. Toutefois il réussit à trouver un volant au sein du Eddie Jordan Racing pour la saison suivante de Formule 3. En 1987, il pilote une Jordan Reynard-VW et, en inscrivant un total de 79 points, devient champion britannique de la discipline devant Bertrand Gachot et Martin Donnelly avec 5 pole positions, 5 meilleurs tours en course, 5 victoires et 10 podiums. Cette même année, il effectue ses premiers tours de roue en Formule 1 en réalisant de probants essais privés à Imola pour le compte de l'écurie Benetton où il fait jeu égal avec le pilote leader et espoir italien Alessandro Nannini qui a déjà disputé 47 Grand Prix.

La Formule 3000 et le drame de 1988[modifier | modifier le code]

En 1988, l'écurie Eddie Jordan Racing tente l’expérience en Formule 3000 avec Johnny dans ses valises : première course et première victoire à Jerez en Espagne avec la Jordan Reynard 88D-Cosworth DFV mais la bonne fortune quitte Johnny dès la deuxième manche du championnat à Vallelunga où il se blesse lors d’un accident impliquant également Gregor Foitek. Il doit alors faire l’impasse sur la course de Pau, mais dès la course suivante, à Silverstone, il termine septième. Puis, arrive la manche de Monza, une des plus belles courses de l’ensemble de la carrière d’Herbert selon le magazine Autocourse Annual : « La star incontestée du week-end fut Herbert, qui réussit à attirer l'attention de l'ensemble des tifosis. Gêné à la suite de l'interruption de la course après le crash de Giroix, puis entraîné dans la mêlée des voitures à la première chicane, Johnny fit aujourd'hui ce qui restera sa plus belle course de l'année pour aller chercher une troisième place sous le drapeau à damiers. Sa conduite fut exceptionnelle, la Camel-Reynard hurlait sous la pression de son pied droit sur l'accélérateur comme pourront le confirmer les oreilles des spectateurs du week-end. » Ce 26 juin, le lendemain de son anniversaire, Herbert signe le meilleur tour en course et se classe troisième de l'épreuve.

En août 1988, l’écurie Lotus le sollicite pour des essais de pneus à Monza où il fait bonne figure au côté du champion du monde Nelson Piquet. Mais, encore une fois, la malchance le poursuit. Le 21 août, lors de la course de Brands Hatch, il est impliqué dans un crash dantesque avec de nombreuses voitures, un des plus importants accidents lors d’une compétition de F3000. La saison d'Herbert se termine ce jour-là, ses blessures sérieuses aux membres inférieurs l’empêchant d'envisager de monter encore dans un cockpit en 1988. Il se classe huitième du championnat international avec 13 points en n'ayant disputé que sept courses. Pour nombre d'amateurs de sport automobile Herbert semble perdu pour le sport automobile de haut niveau. Herbert déclarera : « Je me rappelle être étendu, en soins intensifs, les docteurs autour de moi en train de débattre sur la suite des soins à me prodiguer. Je n'avais pas encore compris qu'ils étaient tous convaincus que ma carrière de pilote automobile était désormais derrière moi… »

Éphémère début en Formule 1[modifier | modifier le code]

Pourtant, quelques mois plus tard, il est présent à l'ouverture du championnat du monde de Formule 1 1989 au Brésil. Herbert indiquera que si son corps était brisé, sa volonté restait intacte : « Beaucoup d’articles de presse furent publiés suite à mon accident, et l’opinion générale était que ma carrière de pilote était désormais derrière moi. Mais, allongé comme je l'étais, sans rien faire, je ne pouvais pas accepter cela. J'ai entamé ma rééducation aussi tôt que possible et j'ai travaillé aussi dur que je le pouvais. Je devais piloter à nouveau, par delà la souffrance et les efforts. Les médecins étaient pessimistes, à les entendre, j'en avais encore pour une année complète avant de quitter mon lit. J'ai eu mon accident à la fin du mois d'août et j'étais dans le baquet d'une Benetton de Formule 1 en décembre. La force morale dans ma capacité à travailler pour récupérer mes facultés m’a permis de surmonter mes traumatismes. »

Malgré les incertitudes autour de l'état physique de Herbert, le directeur sportif de Benetton Peter Collins a tenu à respecter le contrat signé avec le pilote britannique juste avant son accident. Incapable de marcher normalement, obligé de se déplacer sur un petit vélo et d'être porté par ses mécaniciens pour entrer dans sa B188-Cosworth, Herbert stupéfie les observateurs en terminant son tout premier GP à une remarquable quatrième place, mieux que Prost neuf ans plus tôt, aussi bien qu'Alesi trois mois plus tard. La suite est plus difficile. Il rate ses qualifications à trois reprises lors des GP de Saint Marin, Monaco et Mexique et s'il termine ses courses, c'est seulement en onzième, quatorzième et quinzième position. Il se ressaisit au GP des États-Unis où, malgré une calamiteuse qualification en vingt-cinquième position sur la grille, il termine la course à une méritoire cinquième place finale. Rattrapé par les séquelles de son terrible accident (un nerf coincé au niveau de la cheville le prive de la force nécessaire pour appuyer sur les pédales), Herbert s'avère de plus en plus inapte au pilotage d'une F1.

Il touche le fond au GP du Canada où il manque sa qualification. La disgrâce de son protecteur Peter Collins lui est fatale puisque l'une des premières décisions de Flavio Briatore, le nouveau directeur sportif de Benetton, est de le limoger durant l'été pour le remplacer par Emanuele Pirro. Herbert retrouve ponctuellement un volant en fin d'année chez Tyrrell en remplacement de Jean Alesi, lorsque ce dernier est retenu par le championnat de Formule 3000. Au volant de la 018, il se qualifie en seizième position du GP de Belgique où il abandonne sur tête à queue et échoue en qualification au GP du Portugal. Herbert, en 6 départs, a inscrit 5 points et termine quatorzième du championnat pilotes. Herbert comprend que son avenir n'est plus en Formule 1 part au Japon disputer les 1 000 km de Fuji au volant d'une Takefuji-Porsche 962C et se classe sixième de l'épreuve. Il décide alors que, s'il ne décroche pas de contrat en F1, il poursuivra sa carrière au Japon.

Exil au Japon[modifier | modifier le code]

Sans volant de titulaire pour le championnat du monde de Formule 1 1990, Herbert s'exile au Japon et choisit de combiner un contrat de pilote-essayeur chez Lotus avec deux programmes de course dans les séries All Japan Sports Prototype Championship (toujours sur Takefuji-Porsche 962C) et Formula Nippon au sein de l'écurie Italiya qui engage des Reynard 90D-Mugen. En F3000 japonaise, il est contraint à l'abandon à 6 reprises et ne se classe que dix-huitième du championnat avec 3 maigres points tandis qu'en Endurance il se classe quatrième de l'épreuve du Mont Fuji.

Johnny fait son retour en F1 en toute fin de saison où il est engagé pour les GP du Japon et d'Australie chez Lotus (où Peter Collins est le nouveau directeur sportif) en remplacement de Martin Donnelly gravement blessé lors des essais du Grand Prix d'Espagne (et qui ne conduira plus en F1). En manque de roulage, Herbert se qualifie en milieu de grille (quatorzième puis dix-huitième) tandis que sa Lotus 102-Lamborghini le contraint par deux fois à l'abandon (casse moteur puis panne d'embrayage).

Retour en F1 et victoire au Mans[modifier | modifier le code]

En 1991, Herbert poursuit sa carrière au Japon, désormais au sein de l'écurie Suntory West qui engage des Ralt RT23-Mugen. Herbert décroche une deuxième place lors de l'épreuve disputé à Mine mais 5 abandons ne lui permettent que de terminer à la dixième place du championnat de Formula Nippon.

Grâce à David Kennedy, responsable du programme « Le Mans-Mazda », qui s'est démené auprès de ses dirigeants pour maintenir Johnny dans la liste de ses pilotes, il se voit ainsi offrir le droit de conduire la révolutionnaire Mazda 787B à Moteur Wankel. Herbert et Gachot décrochent une quatrième place au Mont Fuji, puis Herbert récidive, à nouveau à Fuji, mais aux côtés de Maurizio Sandro-Sala. Il participe alors aux 24 Heures du Mans et, avec Volker Weidler et Bertrand Gachot, il conduit la Mazda à la victoire, ce qui constitue la première victoire d’une voiture japonaise, et la première victoire d'une motorisation à pistons rotatifs dans la grande classique mancelle. Perclus de crampes après avoir assuré le dernier relais, Herbert est absent de la cérémonie de la victoire.

Herbert poursuit en parallèle sa carrière en F1 au sein de l'écurie Lotus, mais seulement de manière ponctuelle car l'écurie désargentée, donne la priorité aux pilotes payants tels Julian Bailey ou Michael Bartels aux côtés du débutant finlandais Mika Häkkinen. Pour preuve de sa pugnacité, il réussit à qualifier sa médiocre voiture (Lotus 102B-Judd) 7 fois sur 8 tandis que Bailey n'y parvint qu’une seule fois et Bartels jamais. Herbert obtient pour meilleur résultat une septième place lors du Grand Prix de Belgique et est contraint à l'abandon à trois reprises, sur rupture du V8 Judd.

Titulaire en F1 chez Lotus[modifier | modifier le code]

Herbert doit attendre la saison 1992 pour pouvoir enfin réaliser une saison complète en Formule 1, toujours chez Lotus. Il fait alors jeu égal avec le futur champion du monde Mika Häkkinen. Les deux pilotes montrent l'exemple d'une collaboration parfaite tant au volant de leur monoplace que dans le paddock où ils passent leur temps à se faire des blagues de potaches. Cette bonne entente a certainement contribué aux bons résultats de Lotus tout au long de la saison 1992, et ce malgré une fiabilité perfectible puisque Herbert ne termine que quatre courses, dont deux dans les points (sixième en Afrique du Sud et en France). Il reste deux saisons supplémentaires chez Lotus et, en 1993, réalise un course d'anthologie sous une météo capricieuse à Donington. Il ne change qu'une seule fois de pneumatiques et garde ses slicks sous une pluie battante, alors que Prost passera sept fois par les stands. Ron Dennis, manager de McLaren Racing propose alors à Lotus d'éponger leurs dettes contre la libération d'Herbert mais se voit opposer un refus catégorique. Herbert se classe à quatre reprises dans les points, dont trois fois à la quatrième place au Brésil, en Europe et en Angleterre et termine à la neuvième place du championnat du monde.

Titulaire en Formule 1 chez Benetton[modifier | modifier le code]

En 1994 Herbert poursuit sa carrière chez Lotus en proie à de gros problèmes financiers. La saison est difficile jusqu'au Grand Prix d'Italie où il se qualifie en quatrième position sur la grille grâce à un nouveau moteur, mais est percuté lors du premier départ. Contraint de prendre sa voiture de réserve avec l'ancienne version moins performante du moteur Mugen-Honda pour le second départ, il abandonne sur problème mécanique. Avant le Grand Prix d'Europe, il est appelé par Flavio Briatore pour effectuer une pige d'une course dans l'écurie française Ligier, désormais détenue par Briatore. Il dispute les deux dernières épreuves de la saison chez Benetton (dont Briatore est le directeur), mais ses résultats ne permettent pas à l'écurie de décrocher le titre des constructeurs.

Ces piges préfigurent son engagement complet chez Benetton en 1995, aux côtés de Michael Schumacher. En 1995, Herbert remporte ses deux premières victoires en Grand Prix en Angleterre et en Italie, profitant par deux fois d'un accrochage entre Schumacher et Damon Hill mais est dominé par son équipier. En l'espace de quelques mois, celui qui passait encore courant 1994 pour un pilote d'avenir voit sa réputation ternie, même si cette saison reste sa meilleure au niveau des résultats.

Trois ans chez Sauber[modifier | modifier le code]

En 1996, Herbert est recruté par l'écurie suisse Sauber où il reste pendant trois saisons, avec des prestations contrastées. En effet, en 1996, il est souvent dominé par son équipier Heinz-Harald Frentzen mais décroche cependant un podium à Monaco, en finissant troisième d'une course marquée par beaucoup d'abandons. Ce podium constitue son unique classement dans les points de l'ensemble de la saison.

En 1997, Herbert est plus convaincant et domine ses équipiers successifs, Nicola Larini, Gianni Morbidelli et Norberto Fontana. Il inscrit de nombreux points au championnat en se classant quatrième en Argentine et en Belgique, cinquième en Espagne et au Canada et sixième au Japon. Il obtient sa meilleure performance en Hongrie où il termine troisième, ce qui lui permet de décrocher la dixième place du championnat.

En 1998, il est dominé par son équipier Jean Alesi et ne parvient qu'à marquer un seul point, lors de la manche d'ouverture en Australie.

Fin de carrière chez Stewart et Jaguar[modifier | modifier le code]

En 1999, il signe chez Stewart Grand Prix où il a du mal à prendre ses marques en début de saison face à son équipier Rubens Barrichello qui connaît déjà la monoplace et l'équipe. Il marque ses premiers points au Canada en finissant cinquième. Cependant, il décroche la troisième victoire de sa carrière lors du Grand Prix d'Europe disputé au Nürburgring, lors d'une course folle marquée par une météo fluctuante où il profite des erreurs des favoris et de bons choix de pneus pour triompher.

Cette victoire, la première de l'écurie Stewart Grand Prix en Formule 1, lui permet de conserver sa place l'année suivante chez Jaguar Racing (propriété de Ford) bâtie à partir de la structure Stewart, mais avec à nouveau des performances décevantes. Il ne marque pas un seul point de toute l'année, et termine sa carrière en Formule 1 par un accident spectaculaire dû à une rupture de suspension. Il s'en sort avec quelques contusions, devant être porté par les commissaires pour sortir de sa voiture. Il déclare : « J'ai commencé ma carrière en F1 en étant porté dans ma voiture, je la termine en étant porté pour en sortir. »

Retour en Endurance[modifier | modifier le code]

Sans volant de titulaire pour 2001, Herbert effectue toutefois des apparitions en tant que pilote essayeur pour Arrows, avant de quitter la F1 pour se concentrer sur les épreuves d'Endurance. Intégré à la puissante usine Audi, il remporte notamment les 12 Heures de Sebring en 2002. En 2003, il remporte notamment le Grand Prix d'Atlanta[1], ainsi que la manche de Road America[2].

En 2005, il fait son retour en Formule 1 au sein de l'équipe Jordan Grand Prix (qui prend début 2006 le nom de Midland F1 Racing) en qualité de directeur de la communication. Mais fin septembre 2006, le rachat de l'écurie Midland par Spyker provoque son départ.

2008 : Premier champion de l'histoire des Speedcar Series[modifier | modifier le code]

Johnny s'engage en 2008 en Speedcar Series, un nouveau championnat automobile sur circuit routier qui fait ses débuts à l'automne 2007. Les épreuves sont souvent couplées avec celles du championnat GP2 Asia Series et opposent une vingtaine de pilotes sur des voitures monotypes très proches de la NASCAR. À Dubaï, à l'occasion du 1er Grand Prix de Speedcar Series 2008 Herbert retrouve plusieurs autres ex-pilotes de Formule 1 dont Jean Alesi, Stefan Johansson, Gianni Morbidelli ou encore Ukyo Katayama et Narain Karthikeyan. Herbert termine neuvième de la course no 1 puis est contraint à l'abandon dès le début de la course no 2. Lors du meeting de Bahreïn, Herbert marque de gros points en se classant troisième de la première course et septième de la seconde. À Sepang, en Malaisie, pour la troisième manche du championnat, l'Anglais marque les esprits en se classant, une nouvelle fois sur le podium (deuxième) de la première course et quatrième de la suivante. À l'issue du dernier week-end du championnat à Dubaï, il remporte les deux courses et décroche dès lors le premier titre de champion de la discipline.

Résultats en championnat du monde de Formule 1[modifier | modifier le code]

  • Grands Prix disputés : 161
  • Débuts en Formule 1 : GP du Brésil, Jacarepagua 1989
  • Meilleure qualification: 4e
  • Victoires : 3 (Silverstone 1995, Monza 1995, Nurburgring 1999)
  • Podiums : 7
  • Classé dans les points : 29 fois (3 victoires, 1 deuxième place, 3 troisièmes places, 11 quatrièmes places, 6 cinquièmes places, 5 sixièmes places)
  • Points marqués : 98
  • Non-Qualifications : 3
  • Premiers points marqués : GP du Brésil, Jacarepagua 1989 (4e, 3 points)
  • Premier podium : GP d'Espagne, Barcelone 1995 (3e)
  • Première victoire : GP de Grande-Bretagne, Silverstone 1995
  • Grands Prix disputés avant la première victoire : 71

Carrière hors Formule 1[modifier | modifier le code]

Résultats aux 24 Heures du Mans[modifier | modifier le code]

Résultats aux 12 Heures de Sebring[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Johnny Herbertsur Commons

Vainqueurs des 24 Heures du Mans
Neuf victoiresKristensen (1997, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2008 et 2013)
Six victoiresIckx (1969, 1975, 1976, 1977, 1981 et 1982)
Cinq victoiresBell (1975, 1981, 1982, 1986 et 1987) • Biela (2000, 2001, 2002, 2006 et 2007) • Pirro (2000, 2001, 2002, 2006 et 2007)
Quatre victoiresGendebien (1958, 1960, 1961 et 1962) • Pescarolo (1972, 1973, 1974 et 1984) • Dalmas (1992, 1994, 1995 et 1999)
Trois victoiresBarnato (1928, 1929 et 1930) • Capello (2003, 2004 et 2008) • Chinetti (1932, 1934 et 1949) • Fässler (2011, 2012 et 2014) • P. Hill (1958, 1961 et 1962) • Haywood (1977, 1983 et 1994) • Holbert (1983, 1986 et 1987) • Lotterer (2011, 2012 et 2014) • Ludwig (1979, 1984 et 1985) • McNish (1998, 2008 et 2013) • Tréluyer (2011, 2012 et 2014) • Werner (2005, 2006 et 2007)
Deux victoiresBamber (2015 et 2017) • Bernhard (2010 et 2017) • Birkin (1929 et 1931) • Bueb (1955 et 1957) • Dumas (2010 et 2016) • Flockhart (1956 et 1957) • Järvilehto (1995 et 2005) • Jaussaud (1978 et 1980) • Larrousse (1973 et 1974) • Reuter (1989 et 1996) • Rossignol (1925 et 1926) • Sommer (1932 et 1933) • Stuck (1986 et 1987) • Van Lennep (1971 et 1976) • Wimille (1937 et 1939) • Wurz (1996 et 2009)
Une victoireAïello (1998) • Alboreto (1997) • Amon (1966) • Ara (2004) • Attwood (1970) • Baldi (1994) • Bandini (1963) • Barilla (1985) • Barth (1977) • Benjafield (1927) • Benoist (1937) • Bianchi (1968) • Bloch (1926) • Blundell (1992) • Bouchut (1993) • D. Brabham (2009) • G. Brabham (1993) • Brundle (1990) • Chaboud (1938) • Clement (1924) • Cobb (1990) • Curzon (1931) • Davis (1927) • De Courcelles (1925) • Dickens (1989) • Duff (1924) • Dumfries (1988) • Duval (2013) •
La Mazda 787B de la victoire au Mans 1991
Herbert sur Lotus au GP de Grande-Bretagne 1994
Herbert à Montréal en 1999 sur la Stewart SF-03
Johnny Herbert au volant d'une Audi R8 lors du championnat ALMS 2004
Plaque de bronze des empreintes des vainqueurs des 24 heures 1991 - Walk of fame - Le Mans
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